Lifting the Curtain ~~~~~~~~~~~~ Les coulisses de l’anonymat

This area of the exhibition draws us closer to the collaborative productions of eighteenth-century aristocratic salons, where anonymity lent itself to a wide range of social and literary strategies. It especially allowed women to test their authorial skills and powers.

Deux cas de figure illustrant le dédale de la notion d’auteur, la collaboration et l’anonymat sont souvent les deux faces de la même médaille. Il en va ainsi d’une grande partie de la production écrite émanant du salon aristocratique au XVIIIe siècle. Répondant aux contradictions de statut (“noble” et “auteur” ne riment pas), à la nécessité de se tenir à l’abri de la censure, ou alors au plaisir de se livrer au jeu de salon qui implique le secret, l’illusion et la tromperie, l’anonymat y est une pratique fréquente. Caléidoscope des événements politiques et culturels marquants, les Mémoires secrets permettent d’imaginer l’impressionnante activité de collecte des nouvelles (à la main) et d’anecdotes au sein du salon de Madame Doublet. Plusieurs recueils anonymes attribués au comte de Caylus sont en réalité le résultat d’un savant et amusant exercice d’écriture collective pratiqué dans le salon de Mlle Quinault. Autant la “Paroisse” de Mme Doublet que le “Temple” de Mlle Quinault sont des foyers d’information et des laboratoires de vocations littéraires, en particulier pour les femmes. C’est le cas de Madame de Graffigny, qui forge son profil d’auteur en contribuant aux lundis du cercle Caylus-Quinault, dont elle dévoile avec saveur les coulisses dans sa correspondance.